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Bronislaw Geremek est mort.

Bronislaw Geremek

L’historien polonais Bronislaw Geremek est mort dimanche lors d’un accident survenu dans l’ouest de la Pologne.


Selon la police, Bronislaw Geremek rentrait à Bruxelles au volant de sa Mercedes Près de Poznan, perdant le contrôle du véhicule, il a emprunté la voie de gauche, il est entré en collision avec un fourgon arrivant en face. L’accident pourrait être imputable à un malaise, une crise cardiaque, ou au mauvais temps. Il a été tué sur le coup.

Il n’était pas de mon camp, mais ce fut un grand leader du mouvement Solidarité», a reconnu le président, Lech Kaczynski, « C’est une figure historique qui s’en va » a déclaré Jacques Chirac.

« C’est une grande perte. C’était un des plus grands Polonais, un homme de grand intellect », a déclaré Lech Walesa, l’ancien président polonais. « Hélas, il n’a pas été apprécié à sa juste valeur. La Pologne n’a pas su bien profiter de ses qualités. Il aurait dû être président ou au moins Premier ministre », a regretté Lech Walesa.

Bronislaw Geremek était considéré comme un homme d’honneur. Fils de rabin, né à Varsovie, il rompt avec le communisme en 1968, après la vague d’antisémitisme qui submerge la Pologne et l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie, dont la Pologne fait alors partie. Passé dans l’opposition, lié au Comité de défense des ouvriers (KOR), fondé en 1976, il assiste, lors des grandes grèves de Gdansk en 1980, à la naissance du syndicat Solidarnosc, qui a ébranlé le communisme. Il se lie aux milieux intellectuels catholiques et devient l’un des conseillers les plus écoutés de Lech Walesa, le bouillant leader de Solidarité.

Après le coup d’Etat militaire du général Wojcieh Jaruzelski en 1981, il paiera son engagement de deux ans et demi de prison. Malgré ses souffrances, il n’exprimera jamais aucun esprit de revanche et s’imposera comme un homme de compromis. En 1989, quand le régime s’essouffle et que la perestroïka gorbatchévienne fait naître un désir d’ouverture, Geremek est un des premiers à accepter la main tendue par les communistes. Les négociations qui se nouent débouchent sur les Accords de la table ronde et une démocratisation progressive du régime. Les premières élections libres donnent une majorité aux anciens opposants. La passation en douceur du pouvoir permettra aux ex-communistes de se relooker en sociaux-démocrates en conservant leurs biens.

Dix-huit ans plus tard, cette transition sera au cœur des polémiques. Honnis par les frères Kaczynski, des catholiques radicaux alors tous deux au pouvoir, les Accords de la table ronde ont, dans leur optique, empêché la décommunisation et freiné la transformation de la Pologne. Geremek qualifie la loi de décommunisation qu’ils préparent de politique d’inquisition et, presque seul dans le pays, appelle à la désobéissance. L’historien, qui avait été ministre des Affaires étrangères (1997-2000) dans un gouvernement centriste avant l’entrée de la Pologne dans l’Europe, est alors menacé d’être destitué de son poste de député européen. La Cour constitutionnelle le défend.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso comme le président français Nicolas Sarkozy ont aussi exprimé leur «profond chagrin».


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